Pourquoi je fabrique ma whey en Catalogne plutôt que de l'importer

Crema catalana tradicional, l'origen del sabor

J'ai failli ne pas fonder Quota Vita.

Quand j'ai fait les calculs avant de me lancer, importer de la whey déjà formulée depuis l'Allemagne ou le Royaume-Uni me revenait à un coût par gramme nettement plus bas que de la produire ici. C'est ce que font toutes les grandes marques vendues en Espagne. C'est ce que toi, en tant que client, tu ne vois pas quand tu achètes MyProtein, Prozis ou HSN : le produit vient d'une usine européenne, il est conditionné dans un entrepôt ibérique et on te le livre sous une marque qui sonne local.

J'ai fini par faire le contraire. Je fais la formulation ici, en Catalogne, même si c'est plus cher. Voici les trois raisons, sans romantisme.

1. Je veux savoir ce qu'il y a dans le pot.

Quand tu importes une whey déjà formulée, tu travailles avec une fiche technique que t'envoie un fournisseur situé à 1 500 km. Si tu veux changer un ingrédient (retirer le sucralose, baisser le sucre, mettre un nouvel arôme), la réponse habituelle est : « lot minimum, cinq tonnes, six mois de délai ». À l'échelle de Quota Vita, ça veut dire ne jamais rien changer.

Si je formule ici, je contrôle les cinq ingrédients un par un. La whey crème catalane de Quota Vita en contient cinq :

  • concentré de protéine de lactosérum
  • sucre (1 %)
  • émulsifiant (lécithine de tournesol)
  • édulcorant (sucralose)
  • arôme

Cinq. Compare ça à la plupart des wheys en rayon. Celles de n'importe quel gros fabricant en contiennent entre 10 et 18 une fois qu'on additionne les colorants, les acidifiants, les antiagglomérants et les régulateurs. Ce n'est pas que ça fasse du mal en soi. C'est que je ne veux pas avoir à défendre quoi que ce soit que je ne comprends pas.

2. Le palais catalan n'est pas le palais international.

Une crème catalane faite à Manchester, c'est une vanille avec de la cannelle. Ce n'est pas une crème catalane. Les clients qui ont goûté la nôtre à côté d'un « crème-flavor » américain ou d'une protéine « crème brûlée » anglaise le savent. Je le remarque moi-même.

Pourquoi ça ? Parce que les fournisseurs d'arômes des grandes usines européennes travaillent avec des profils standardisés. La « vanille » anglaise a un profil ; la « vanille française », un autre. Mais il n'existe pas de bibliothèque standard d'arômes pour la crème catalane, l'horchata ou le mato (fromage frais catalan). Si tu veux bien les formuler, tu dois travailler avec des aromaticiens qui comprennent ces saveurs qu'ils connaissent depuis tout petits. Et ces gens-là sont ici.

Je sais bien que ça limite le marché de Quota Vita les premières années. La Catalogne, l'Espagne, les Catalans qui vivent à l'étranger. Je ne vendrai pas de whey crème catalane à Tokyo de sitôt. Ça me va très bien.

3. Le lactosérum est en surplus dans nos fromageries.

C'est la partie que la plupart des gens ne voient pas. L'industrie laitière catalane fabrique du fromage et, comme sous-produit, elle produit du lactosérum (whey). Une partie est vendue comme aliment pour animaux à un prix modeste. Une autre partie est perdue comme déchet, parce que toutes les usines n'ont pas la capacité de le transformer.

Pendant ce temps, les fabricants ibériques de whey en poudre importons la matière première d'Allemagne, de Pologne ou d'Irlande. C'est une contradiction ridicule : nous avons le sous-produit ici et nous l'achetons ailleurs.

Quota Vita, pour l'instant, importe aussi la base. J'achète du concentré de lactosérum sec à un fournisseur européen, je le rapporte en Catalogne, et ici je le formule et je le conditionne. Je n'ai pas encore l'investissement pour sécher le lactosérum moi-même. Mais la Phase 2 de mon plan, c'est précisément cela : boucler le circuit avec des producteurs catalans. Je connais les acteurs, je les ai identifiés, et je sais ce que ça coûterait. La question, c'est le quand, pas le si.

Si j'y arrive, chaque gramme de whey que vend Quota Vita aura voyagé moins de 200 km avant d'arriver dans ton pot. Et chaque euro que tu paieras sera des euros qui restent dans l'économie locale au lieu de payer du transport international.

Ce que je ne te cache pas.

Cette décision a un coût. Ma whey est un peu plus chère que la commodité internationale. Pas beaucoup plus, mais oui. Quand tu compares un de mes pots de 1 500 g avec un pot équivalent de MyProtein, je te reviens plus cher.

Ce que je te vends en échange, c'est de la transparence, des ingrédients comptés, une formulation faite par des gens qui vivent ici, et le chemin vers la fermeture du cycle du lactosérum en Catalogne. Si tout ça te semble une valeur, bienvenue. Sinon, il existe des alternatives moins chères et bien fabriquées, et je ne chercherai pas à faire de toi un adepte.

Ce que tu peux faire maintenant.

Si tu veux l'essayer, commence par le format le plus acheté (750 g, 25 mesures) ou, si tu sais que tu en prendras chaque jour, va directement au format d'habitude (1500 g, 50 mesures, le meilleur prix par gramme). Nous avons crème catalane, horchata et neutre.

Gerard, fondateur.